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Bruits de couloirs


imprimer cet article  L'univers de Farscape

Le lundi 15 octobre 2007, par RaZ
L'univers de Farscape est un univers arrondi. Lorsqu'on voit Moya pour la première fois, ce qui saute aux yeux ce sont les courbes généreuses de ce vaisseau vivant.

Lorsque John Crichton se retrouve à l'intérieur, on remarque que l'architecture globale du vaisseau : ses couloirs, ses portes, ses dédales,... est régie par les courbes.

A bord de Moya - 22.9 ko
A bord de Moya
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Cela peut paraître dérisoire mais quand on y réfléchit, cela n'avait jamais été fait auparavant : la coupole de l' [Enterprise] était ronde mais les couloirs étaient rectangulaires, la station [Babylon 5] était cylindrique mais l'intérieur était anguleux, le [Promotheus] semble avoir été taillé dans du granit... D'autre part, quelles étaient les couleurs dominante de ces objets flottant dans l'espace ? Blanc, bleu, gris... Et quelle est la couleur dominante de Moya : jaune cuivrée. Tout cela pour dire que Farscape rompt avec les habitudes des précédentes séries de science-fiction dans la forme en imposant un univers arrondi et coloré et l'originalité de cet univers est loin de s'arrêter là.

Farscape c'est aussi le grand retour des marionnettes : deux d'entres elles sont des personnages principaux et une multitude occupe des rôles secondaires. La raison ? Farscape est une série de la Jim Henson Co., responsable entre autres du [Muppet Show] et de [Dark Crystal], ce sont des experts en matière de marionnettes, [d'animatroniques] et [d'effets prosthétiques].

Pourquoi intégrer des marionnettes dans un show alors que nous sommes à une époque où [l'image de synthèse] triomphe ? Pour aller à contre-courant justement. Ce que certains ont perçu comme de la ringardise était en fait de l'originalité, les créateurs de Farscape ont voulu montrer qu'une marionnette était plus expressive, plus vivante qu'une image de synthèse et le pari est réussi. Au cours du show, ces marionnettes ne cesseront de véhiculer des émotions et, bien sûr, du fun.

Sa Majesté Rygel XVI - 26.4 ko
Sa Majesté Rygel XVI
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Farscape reprend à sa manière l'héritage de [Star Trek] en matière de maquillage et de masques et le pousse à l'extrême grâce à la technologie de la Jim Henson Co., ainsi, un grand nombre d'extraterrestres de toutes formes et de toutes tailles prendront place dans la série, lui conférant un aspect unique et immédiatement reconnaissable.

Un univers arrondi et coloré donc et des règles assouplies. Des séries comme [Babylon 5], [Stargate SG1] et [Battlestar Galactica] se déroulent dans un cadre militaire avec une forte hiérarchie, comme souvent en science-fiction elles essaient de montrer l'évolution de l'autorité dans les sociétés.

Farscape va rompre avec ce principe en nous montrant des prisonniers renégats, déchus de leur grade, cherchant à échapper aux autorités du coin. La fugitivité de nos héros agit en toile de fond tout au long de la série, les personnages sont sous tension, en fuite. Lorsqu'ils débarquent sur des planètes, ils sont souvent considérés comme des hors-la-loi et ne jouissent pas des mêmes libertés que les autres individus mais dans d'autres cas ils sont les bienvenus et vont eux-même se mettre dans la panade malgré leurs efforts pour faire bonne impression.

Pilote, symbiote de Moya - 42.2 ko
Pilote, symbiote de Moya
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Une ambiance anarchique règne à bord de Moya, il n'y a pas de leader et les décisions sont prises aux termes de discussions houleuses. Si quelqu'un décide de faire cavalier seul, Pilote ne peut l'en empêcher. Ceux qui habitent le vaisseau sont les invités de Moya et Pilote, ils sont leurs hôtes et n'ont aucune autorité sur eux. L'équipage devra concilier avec les aspirations de chacun, ce qui rendra parfois les choses difficiles. Farscape montre les réalités du vivre ensemble entre des personnages aux personnalités très différentes, ici rien n'est facile, rien n'est résolu d'un claquement de doigt en fin d'épisode, les conflits s'étalent sur des [arcs] entiers et leur résolution n'est jamais celle qu'on attend.

Imprévisible, Farscape l'est également. Nous avons affaire à un univers changeant, fluctuant, absolument pas monolithique et cela s'accorde avec la continuité grandissante qui s'établit entre les épisodes. Lorsqu'on enchaîne la série, on a vraiment l'impression de vivre avec les personnages tant tout est cohérent et soigné. Même si la série n'a pas été scriptée à l'avance comme Babylon 5, elle reprend l'héritage de cette grande soeur en offrant une longue histoire à suivre qui prend ses racines dans le dernier tiers de la première saison.

Farscape est imprévisible car la série peut nous délivrer des épisodes décalés et délirants qui sortent de nulle part et franchement cela surprend quand on voit le degrès de délire et de folie que ces épisodes colportent. De manière générale, Farscape est très axée sur l'humour et le fun. La série est également traversée par d'autres genres que la science-fiction, certains disent qu'ici la SF est plus un prétexte pour un [drama hardcore]. Il est vrai que Farscape devient de plus en plus dramatique au fil des saisons et tend parfois à être une série noire. Par certains côtés la série lorgne vers les (bons) [soap operas] pour ce qui est des relations entre personnages et n'oublions pas que la série parle ouvertement de sexe, une [rareté en SF]. Elle laisse également la part belle à l'action mais ce qui prime dans la série, c'est l'intrigue, elle s'épaissit et se ramifie au fil des épisodes jusqu'à devenir " hainaurme ", épique.

Zhaan, la
Zhaan, la "belle bleue"
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En ce qui concerne les personnages, au début on se dit qu'il y a les gentils (nos prisoniers échappés à bord de Moya) et les méchants (les Pacificateurs) mais, encore une fois, on se rendra compte que tout n'est pas aussi simple, que dans Farscape rien n'est blanc ou noir, mais plutôt gris. De même, les histoires racontées n'ont pas toutes une conclusion heureuse, loin de là. La série a pris en grippe les [happy ends] de base pour nous offrir des fins qui échappent aux poncifs.

L'univers de Farscape est rond, coloré, peuplé d'aliens et de marionnettes, anarchique, imprévisible, délirant, dramatique, épique et gris, en un mot : unique, en d'autres mots : original, divertissant, intriguant, hardcore, " hainaurme " et complètement [farhbot].

Bien sûr, on se rend compte de tout cela seulement si on regarde la série, alors pour ceux qui n'ont pas vécu l'expérience Farscape : qu'attendez-vous ?
[Enterprise] Célébre vaisseau de la série Star Trek

[Babylon 5] 5e (et dernière) station d'un programme d'expansion commerciale et diplomatique intergalactique, de la série du même nom

[Promotheus] Nom de baptème du vaisseau X-302 mis au point dans Stargate SG1 (épisode 4.12 - Perdus dans l'Espace)

[Muppet Show] Série d'animation créée en 1976 : 5 saisons - 120 épisodes

[Dark Crystal] Film fantastique d'animation réalisé en 1982

[d'animatroniques] (morceaux de) marionnettes motorisées et commandées à distance

[d'effets prosthétiques] maquillages, masques, faux implants, prothèses destinés à changer l'apparence d'un d'un visage ou d'un corps

[l'image de synthèse] image virtuelle créée à l'aide d'un ordinateur

[Star Trek] Serie TV de 1966-1969, créée par Gene Roddenberry

[Babylon 5] Série TV de 1994-1998, créée par J. Michael Straczynski

[Stargate SG1] Série TV depuis 1997, créée par Brad Wright et Jonathan Glassner à la suite du film réalisé par Roland Emmerich en 1994 : Stargate, la porte des étoiles

[Battlestar Galactica] Série TV originale de 1978-1979 créée par Glen A. Larson dont s'est inspiré Ronald D. Moore en 2003. La nouvelle Battlestar Galactica, parfois appelée Battlestar Galactica 2004, date de sa première diffusion, est toujours en cours de tournage après 3 saisons réalisées.

[arcs] histoire s'étalant sur plusieurs épisodes

[soap operas] Vaisseaux, voyages intergalactiques, aventures délirantes, héros grand teint, méchants extraterrestres abominaffreux,... font le charme de ce genre SF futuriste

[rareté en SF] Lexx, série TV, 1997-2002, créée par Paul Donovan, est une de ces raretés

[{happy ends}] fin heureuse où "tout est bien qui finit bien"

[farhbot] expression typique de Farscape, signifiant fou, dingue, déjanté